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Plus de 2 000 architectes de tout le Canada se sont exprimés!

PAR John Stephenson

À l’automne 2014, un groupe d’architectes a commencé à se réunir de manière informelle pour se pencher sur l’avenir de la profession d’architecte à la lumière de ce que nous percevions comme un tournant important dans la nature de la pratique professionnelle et face aux contraintes auxquelles la conception du monde bâti devait se soumettre. De ces conversations, nous avons tiré un ensemble de valeurs servant de cadre à une vaste conversation publique sur le potentiel et le pouvoir de l’architecture en tant qu’agent de changement social et environnemental positif.

Au cours des cinq dernières années, l’initiative Exprimez-vous pour l’architecture a parcouru le pays d’est en ouest et du nord au sud pour discuter avec des architectes de cette nouvelle vision de l’Architecture au Canada. À l’unanimité, les architectes ont souligné qu’il fallait changer les façons de réaliser les bâtiments et les espaces communautaires et qu’il fallait le faire maintenant! Dans le cadre d’une série d’ateliers en personne (tenus avant la pandémie) organisés avec neuf associations d’architectes provinciales et territoriales et d’organisations d’architecture locales et régionales, l’initiative Exprimez-vous pour l’architecture a mis les architectes au défi de réimaginer la pratique de l’architecture et le monde bâti dans lequel vivent les Canadiens.

Sans exception, la grande majorité des participants ont convenu que, lorsqu’elle est examinée sous les angles des personnes, du lieu, de la prospérité et du potentiel, la conception du monde bâti a un énorme potentiel inexploité pour susciter le changement social et environnemental positif et nécessaire.

Environ 20 % des architectes du Canada ont exprimé leur point de vue

En 2017, 2018 et 2019, nous avons organisé une série d’ateliers de consultation avec des architectes et des clients des quatre coins du pays, afin de stimuler une conversation sur les raisons pour lesquelles l’architecture est importante, son potentiel pour obtenir de meilleurs résultats et ce qui limite actuellement ce potentiel. Les participants ont partagé une certaine frustration devant le constat que l’architecture canadienne est limitée dans sa capacité de répondre aux besoins en évolution rapide des collectivités canadiennes. Dans le cadre d’une série d’ateliers, nous avons demandé aux plus de 2 000 architectes participants – soit environ 20 % des architectes du Canada – de se pencher sur ces questions plus vastes selon des perspectives fondées sur la valeur définie selon quatre thèmes distincts :

Les personnes – l’impact de l’architecture sur le bien-être des personnes et des groupes en tenant compte de la santé et du bonheur, de la mémoire et du sens, de la dignité, de l’inclusion et de la justice sociale, ainsi que de l’engagement, de l’habilitation et de la réconciliation.

Le lieu – l’impact de l’architecture sur nos identités individuelles et collectives en mettant l’accent sur l’importance de l’emplacement sur lequel un projet est bâti et en se demandant comment nous pouvons mieux respecter ses caractéristiques géographiques et culturelles particulières.

La prospérité – l’impact de l’architecture sur les collectivités de toutes sortes en tenant compte des aspects tels que la gérance de l’environnement, l’urbanisme durable, le développement équitable, ainsi que l’adaptation et la résilience.

Le potentiel – quelles sont les répercussions futures pour l’architecture canadienne et la place du Canada dans le monde, si l’on considère l’architecture sous les angles d’une industrie créative; d’une collaboration créative entre les nombreuses disciplines impliquées dans la conception de nos collectivités; de la recherche et de l’innovation dans les pratiques de conception et les sciences du bâtiment; de la formation; et de l’avenir de la profession.

Nous avons demandé aux participants de réfléchir à ce que nous pourrions faire différemment

Nous avons invité les participants à se demander si ce cadre de valeurs était suffisamment complet et à réfléchir à ce que les architectes individuels, la profession, les politiques publiques et les décideurs pourraient faire différemment pour réaliser le plein potentiel de l’architecture et améliorer le monde bâti du Canada.

Ils nous ont répondu que le changement est nécessaire et urgent

L’idée d’axer le cadre de travail sur les personnes, le lieu, la prospérité et le potentiel pour définir de nouvelles attentes à l’égard de l’architecture canadienne et de la conception de nos collectivités a reçu un soutien enthousiaste. Les participants nous ont dit que des changements s’imposent de toute urgence si nous voulons inverser l’inquiétante tendance à la marchandisation de l’architecture. Ils nous ont dit qu’il fallait accroître l’influence de la conception de nos collectivités à toutes les étapes de la commande de projets dans l’environnement bâti et à tous les niveaux de la prise de décision, si l’on veut réaliser le plein potentiel de l’architecture comme agent de changement social et environnemental positif.

Les participants nous ont également dit qu’il faut repenser la structure même de la pratique professionnelle de manière à ce qu’elle soit plus souple et plus apte à relever les défis pressants de notre époque, à réaliser la justice sociale et climatique, à refléter des collectivités plus diversifiées, équitables et inclusives et à assurer la santé et le bien-être des personnes et de la planète. Il faut également repenser les diverses étapes menant à l’exercice de la profession, à savoir les études, le stage, l’examen, l’octroi des permis et la réglementation de la profession pour répondre à une définition plus large de la protection de l’intérêt public dans le but de pleinement servir le public et de le protéger en exerçant un leadership dans la conception.

Nous avons entendu très clairement le message des participants : le temps du changement, c’est MAINTENANT et le besoin de changement est impératif.

Joignez-vous à nous dans notre démarche visant à créer des lieux dans lesquels tous les Canadiens pourront s’épanouir. Répondez à notre sondage en 13 questions.